Quand j'ai vu cette vidéo pour la première fois en 2006, je l'avais trouvé intéressante mais exagérée. Un an aprés en écoutant les gens, en faisant le bilan de sa première année, je la trouve beaucoup moins irréaliste.
Le moment le plus perturbant c'est quand le flic dit au jeune: "tu veux qu'on te mette dans un transformateur" à la minute 3:00.
Je suis loin d'être antiflic, ils sont souvent victimes de caricature, mais les augmentations des bavures et le fait qu'une sur trois soit de caractère raciste me fait me poser des questions. Qu'est ce qu'on est prêt à accepter en 2008? Dans quelle mesure la répétition d'images de violence et de faits divers horribles en boucle à la TV nous conduit elle à accepter en silence des choses que nous n'aurions pas pu supporter il y a 4 ou 5 ans?
Les expulsions de sans papiers de l'âge de 10 ans sous pretexte que ça coute cher, l'amalgame permanent entre immigration et délinquance, un ministre censé nous dire quelle doit être notre identité nationale... Le mépris des journalistes, les tapis rouges pour des dictateurs... Ca nous fait chier (enfin ceux que ça interresse) mais que faisont nous contre ça? Dans quelle mesure on ne l'accepte pas implicitement? Ne sommes nous pas en train de se sarkocizer petit à petit sans s'en rendre compte à cause du climat qui s'installe en France.
Non, il n'est pas facile d'être de gauche en 2008. Il n'est pas facile d'avancer que les problèmes humains passent avant les problématiques budgétaires (même s'il faut les prendre en compte), que les fonctionnaires c'est pas tous des feignants, que les arabes c'est pas tous des racailles, que sarko c'est pas normal qu'il insulte les gens, qu'être contre la rétention de sureté ce n'est pas être pour les pédophiles, que la défense des droits de l'homme c'est d'actualité, que la laïcité c'est pas ringart, que la baisse du service public c'est pas forcement la solution, que la libéralisation n'est pas pertinente partout, que nous aussi on aime la France, et surtout qu'on aime les gens.
Et pendant ce temps l'extrème gauche est à la ramasse et cherche en vain un nouveau mai 68, le PS est en pleine reconstruction et se cherche un leader ce qui occasionne des luttes internes, les syndicats sont aussi faibles que de mauvaise foi... Mais est ce parce que la gauche est faible qu'elle à tord? Est ce parce qu'elle se cherche qu'il faut s'en moquer? Dans l'histoire de France l'arrivée de la gauche au pouvoir se résume à des accidents, des mouvements limités dans le temps, des périodes d'espoir courtes et pourtant on lui met sur le dos tout les malheurs du monde. La France est un pays conservateur et la majorité des français partagent dans les grandes lignes la vision de sarko, je ne partage pas l'analyse selon laquelle ils sont manipulés; il faut voir la vérité en face.
Il est difficile d'être de gauche en 2008, car c'est être contre l'air du temps. L'air du temps c'est le conservatisme et le libéralisme qui font leur retour depuis 10 ans. Il faut oser se prendre des réflexions dans la gueule, passer pour un naîf, pour un faible; Mais c'est un choix de résistance. Peut être que l'avénement du néolibéralisme et du néoconservatisme est un mouvement mondial et que ce n'est pas nous qui à notre niveau l'infléchirons; mais je veux pouvoir me regarder dans la glace le matin en me disant que non je ne suis pas qu'un pion qui suit l'air du temps, blasé par les événement et qui accepte les épisodes de la vie politique française comme s'il s'agissait d'un film, comme si ces gens ne souffraient pas, comme si la fatalité était le moteur de ma conscience citoyenne.
Je pense lancer une série de débat sur ce blog (ou créer un nouveau blog) avec des reflexions beaucoup plus approfondies que ces quelques lignes écrites à l'arrache, pleines de fautes (PS : maintenant corrigées par Julie). Je compte sur votre soutien, je compte sur votre participation et surtout sur votre intérêt. Débatons c'est déjà une manière d'agir, de préparer notre avenir; et s'il le faut j'écrirai seul, ce sera mon introspection idéologique, à 22 ans en 2008 j'en ai bien besoin...